Antoine Vitek a créé le blog Culturezvous pour donner envie à ses lecteurs, et en particulier les plus jeunes, de s’intéresser à la culture sous toutes ses formes. Ses conseils aux musées qui souhaitent toucher les moins de 30 ans.

 

« Les jeunes trouvent leurs idées de sorties sur Facebook »

« Les jeunes sont en train d’imposer leurs codes culturels » commence Antoine Vitek. Au premier plan de ces nouveaux codes, l’utilisation systématique des réseaux sociaux. « La génération Y applique aux lieux culturels ses comportements de tous les jours. Pour un musée, cela implique d’abord d’être présent sur les réseaux sociaux ». Une présence indispensable en amont de la visite pour faire connaître ses expositions : « les supports d’information culturelle ont changé : là où leurs aînés découvraient une exposition dans Télérama ou Beaux-Arts Magazine, les nouvelles générations trouvent des idées de sorties sur leurs fils Twitter ou Facebook ». Cette digitalisation va de pair avec une plus grande sélectivité : « les 15-30 ans relayent beaucoup d’articles liés à l’art mais sélectionnent avec grand soin leurs sorties. Il est donc impératif de les engager avec du contenu qui donne envie d’aller plus loin que le simple retweet ». Parfois, les réseaux sociaux permettent même de préparer sa visite à plusieurs. C’est le pari de l’association « Un Soir, un Musée, un Verre » dans laquelle Antoine Vitek s’investit. « L’idée est de proposer des idées de sorties différentes toutes les semaines sur Facebook. Les inscriptions se font en ligne et donnent lieu à des visites en groupe qui se finissent par un verre/débat ». Une initiative qui plaît d’abord aux étudiants et aux jeunes actifs, et que les musées encouragent en leur ouvrant parfois leurs portes à des horaires tardifs.

Mais les réseaux sociaux sont aussi un bon outil relationnel pendant la visite afin d’interagir avec un public friand de selfies, de posts Instagram et de hashtags. Après la visite, ils permettent de récolter des avis, des partages et des likes. Autant d’interactions qui augmentent encore la visibilité du musée sur Internet. Antoine Vitek alerte cependant les musées qui parfois en font trop : « il faut faire attention à ne pas tomber dans le piège du discours « kikoulol » : liberté de ton oui, caricature non ».

 

Blogueurs et youtubeurs culture, ces nouveaux journalistes

Aux manettes du blog Culturezvous, Antoine Vitek sait de quoi il parle : « les jeunes lecteurs demandent au blogueur de faire pour eux le travail de recherche qu’ils n’ont pas forcément le temps ou l’envie de faire. Les blogs culturels fonctionnent un peu comme des playlists musicales qui recensent les meilleurs morceaux et les font connaître au plus grand nombre ». Une approche presque journalistique dans le fond mais qui se veut plus légère et plus directe dans la forme. « Le succès des articles de notre blog réside je pense dans notre ton volontairement léger, à l’image de notre nom » explique-t-il. Les musées ont d’ailleurs bien compris l’intérêt de ces nouveaux influenceurs et n’hésitent plus à les inviter à venir couvrir leurs expositions. Il évoque aussi le phénomène de Youtubeurs culture qui se développe depuis quelques années, à l’image de Manon Bril qui réalise de courtes vidéos humoristiques sur l’histoire et sillonne régulièrement les allées des expositions parisiennes.

 

Exit les audioguides, place aux applications de réalité augmentée

Autre initiative pour capter l’attention du jeune public, les nouveaux outils de médiation numérique. « Pour les 15-30 ans, les applications remplacent les audioguides ». En tête de liste des applications les plus en vogue, celles de réalité augmentée. « A la Conciergerie par exemple, le Centre des Monuments Nationaux a développé l’Histopad, une application de réalité augmentée qui présente les salles du palais telles qu’elles pouvaient être à l’époque médiévale ou sous la Révolution ». Il évoque aussi le succès de l’Atelier du peintre au musée d’Orsay l’année dernière, qui permet de « rentrer » à l’intérieur du tableau en pointant vers lui une tablette numérique qui met en relief différents détails de l’œuvre. « Les nouvelles technologies permettent de sortir du côté « passif » d’une visite en la « gamifiant ». Bien utilisées, elles sont de formidables outils pour capter l’attention des plus jeunes. Plus largement, tous les outils numériques ou physiques qui impliquent rendent les visites bien plus vivantes et aident à comprendre et à retenir les propos présentés dans les expositions. Et cela, quel que soit l’âge du public ! »

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