Et si la transmission des savoirs passait par le jeu ? A l’instar des plus grands musées, châteaux et monuments historiques, Culturespaces mise sur les escape games pour attirer de nouveaux publics. Explications.

Une relique sacrée des Volques, peuple celtique du Sud de la Gaule sous l’Antiquité,
se cache dans les arcanes des Arènes de Nîmes. Voici l’intrigue de « Némaus, le trésor des Volques », l’escape game lancé en octobre 2018 dans l’amphithéâtre romain. Tablette numérique et sacoche en cuir en main, les apprentis archéologues résolvent des énigmes, déchiffrent des codes, traquent le moindre indice aux quatre coins des Arènes. Joyeuse ambiance garantie. « Au lancement du jeu, les escape games rencontraient déjà un franc succès mais ne s’étaient pas encore invités dans les musées. Nous étions précurseurs », se souvient Christophe Beth, directeur des lieux.

L’accès à la culture désacralisé

En adaptant les principaux codes de ces jeux d’évasion, Culturespaces milite pour une visite interactive et ludique. La cible est un public plus familial, plus jeune – les fameux Millenials, ces 15-35 ans pas toujours motivés à l’idée de découvrir un site historique. « Les escape games sont une médiation culturelle innovante pour en savoir plus sur l’histoire d’un lieu et ses anecdotes. Le jeu facilite l’accès à la culture et rend le visiteur acteur de son parcours », témoigne Etienne Devic, directeur du Château des Baux-de-Provence. Au Château justement, Culturespaces a proposé à l’occasion des vacances de la Toussaint l’escape game « Turenne, le spectre du vicomte », pour « apprendre l’histoire en s’amusant ». Autre atout de ces animations grandeur nature ? Elles rythment la vie du site historique tout au long de l’année, en dehors des habituelles périodes de forte fréquentation.

Surtout, les jeux de pistes répondent à une incontestable attente du public. Plus de 650 personnes ont participé à « Turenne, le spectre du vicomte » en moins d’un mois aux Château des Baux-de-Provence. « On ne s’attendait pas à un tel succès », abonde Etienne Devic. « Némaus, le trésor des Volques » a attiré de son côté plus de 7 250 curieux alors que l’objectif initial était de 5 000 participants. Une belle performance ! D’autant que 90% des équipes parviennent à finir le jeu. Si beaucoup découvraient les Arènes pour la première fois, Christophe Beth se félicite d’avoir réussi à attirer un public régional : « Nous avons recensé beaucoup de jeunes Nîmois qui ne seraient pas venus sans l’attrait du jeu ». Sans oublier des entreprises, des grandes écoles pour des opérations de « team building ». Pour le directeur, l’escape game devient une alternative incontournable de l’audioguide.

L’aventure se poursuit en 2020

Surfant sur ce succès, Culturespaces prolonge « Némaus, le trésor des Volques » jusqu’en décembre 2020 aux Arènes de Nîmes, en l’enrichissant d’une version accessible aux scolaires. Autre projet à venir : un nouvel escape game sera lancé au Théâtre antique d’Orange en avril 2020.

Les escape games complètent à merveille la palette d’outils technologiques telle que la réalité augmentée, déjà adoptée par Culturespaces notamment aux Arènes, visant à offrir une autre expérience au sein des lieux culturels grâce à l’immersion. Cet engouement est-il un effet de mode ou une tendance de fond ? Difficile à prédire. Ce qui est certain, c’est que le phénomène se répand comme une traînée de poudre aux quatre coins de l’Hexagone. « Cela traduit l’envie d’un divertissement entre amis ou en famille, doublé d’une sortie culturelle. Et ça c’est nouveau », conclut Etienne Devic.

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