Réalité augmentée : quels supports et quels objectifs pour les musées ? Le point de vue du Président de Culturespaces.

Des tablettes de réalité augmentée aux Arènes de Nîmes

A Nîmes, Culturespaces a déployé une nouvelle série d’outils de médiation qui utilisent le multimédia et la réalité augmentée.  On peut désormais y louer des tablettes visioguides qui offrent un voyage numérique au cœur de la Nîmes romaine. Bruno Monnier explique : « pour un supplément de 5€, le visiteur profite d’une visite commentée des Arènes sur tablette, mettant en avant 18 points d’intérêt par l’intermédiaire de contenus audio, vidéo, photo ainsi qu’une reconstitution 3D qui permet d’avoir une vue des Arènes d’autrefois, et de les parcourir du regard en déplaçant simplement votre tablette ». Selon lui, cette technique garantit une immersion totale : « les reconstitutions 3D se calent parfaitement sur l’architecture existante et une molette temporelle fait apparaître en transparence l’amphithéâtre au IIe siècle après J.-C ou au XVIIe siècle ». Si l’expérience est concluante, Culturespaces pourrait bien dupliquer cette technologie dans ses autres sites en France, mais aussi de développer des « attractions » de réalité augmentée plus poussées, comme celle que vient de réaliser le musée D’Orsay pour le célèbre tableau l’Atelier du peintre, de Gustave Courbet.

Les lunettes Samsung Gear : prochaine étape ?

Second support de réalité augmentée : les lunettes connectées. Et, en tête de pont, les Samsung Gear. Cette technologie est scrutée par les musées du monde entier. En Corée, le musée Okyeonjungsa compte sur elle pour rendre ses expositions plus interactives. Dans le viseur : vues en 3D et commentaires sur la visite.

Qu’en pense Culturespaces ? « D’un point de vue ludique et comme outil de médiation, les lunettes connectées ont leur place au musée » assure Bruno Monnier. Il prend en exemples les sites archéologiques, dans lesquels le visiteur équipé de lunettes pourra être plongé dans des décors reconstitués. Mais le Président de Culturespaces nuance : « le visiteur peut perdre sa faculté à communiquer sur son expérience avec son entourage. Il y a un phénomène d’isolement pendant la visite ».  De plus, ces technologies ne permettent pour l’instant pas d’adresser un grand nombre de visiteurs. En cause, les coûts encore très élevés des lunettes et leurs contraintes en termes d’organisation (formation du personnel, espace dédié, durée des expériences immersives etc.). «  Certaines salles de musée peuvent accueillir jusqu’à 500 personnes par tranche de quinze minutes. Il est impossible de toutes les équiper de lunettes connectées ». Cela serait donc plutôt dans la sphère privée que ce développement s’opèrerait dans un premier temps : les lunettes permettront de visiter une exposition sans bouger de chez soi. Une sorte de visite avant la visite.

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