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Faire revivre la culture romaine dans des arènes antiques n’est pas chose facile. Christophe Beth, le directeur des Arènes de Nîmes, nous invite dans les coulisses d’un événement grandiose, de son organisation à sa stratégie de communication.

Faire de l’histoire un spectacle

Bis repetita placent : les choses répétées plaisent. Le succès des Grands Jeux Romains confirme ce célèbre aphorisme tiré des élégies du poète latin Horace. « Nous organisons cette année la dixième édition des jeux », annonce Christophe Beth. « En 2010, nous étions quatre Nîmois passionnés et membres de Culturespaces à vouloir redonner vie aux arènes. Aujourd’hui, nous sommes une équipe de dix personnes mobilisées à l’année, à laquelle s’ajoutent environ cent personnes pendant les jeux. 500 reconstituteurs bénévoles venus de 28 associations européennes nous accompagnent dans cette aventure. Au début, nous avons commencé par des combats de gladiateurs, des défilés, des courses. Cinq ans plus tard, le succès était tel que nous avons mis en scène des spectacles plus ambitieux, tels que des évocations de batailles, conformément à la tradition antique. » Le tout, avec un budget annuel de 650 000 euros pour trois jours de spectacles.

Cependant, pour Culturespaces, ces grandes reconstitutions ne sont rien sans un accompagnement pédagogique et des échanges rendus possibles avec de nombreux spécialistes de l’Antiquité. Des artisans sélectionnés avec soin par les conseillers historiques tiennent ainsi un marché où le public peut acheter des artefacts que Jules César lui-même n’aurait pas reniés : céramiques, tissus, armes et bijoux satisferont les chalands curieux autant que les reconstituteurs avertis. Le camp du général Marius (157-86 av. J.-C.) est également reconstitué devant la porte d’Auguste. Ses soldats gardent un contact permanent avec les visiteurs pendant toute la durée de l’événement.

Dans la peau des éditeurs des jeux antiques

Si pendant trois jours Nîmes redevient un peu Nemausus, ses arènes en sont le cœur battant. Imaginer un spectacle dans un bâtiment antique classé aux monuments historiques demande une certaine logistique pour répondre aux normes de sécurité actuelle et assurer la qualité du spectacle. Christophe Beth reste cependant serein : « Les architectes antiques ont conçu les arènes pour qu’elles puissent se remplir et se vider en quelques minutes. Même si nous les dotons d’une sonorisation et d’une régie technique, nous nous efforçons de nous mettre dans la peau des éditeurs des jeux de l’Antiquité. Nous tenons à limiter l’impact technique afin de favoriser l’immersion. » Certes, le praeco, le commentateur des jeux, disposera d’un micro par sécurité mais l’acoustique des lieux n’en demeure pas moins exceptionnelle en dépit des affres du temps.

Une communication omnicanale

Les arènes peuvent aujourd’hui accueillir 12 000 personnes. « Nous donnons trois spectacles, explique le directeur des Arènes. L’année dernière, l’un des spectacles a dû être annulé à cause de la météo capricieuse mais nous avons tout de même reçu 22 000 spectateurs. » S’il ne pleut pas, les arènes seront complètes cette année. « Nous attendons 90 000 visiteurs dans la ville. Notre public, poursuit le directeur des arènes, est très familial et constitué de passionnés d’histoire. D’année en année, les fans reviennent. » Cet événement n’attire pas que les afficionados de la légion à l’Aigle romaine. Le service de communication de Culturespaces, en lien étroit avec l’équipe artistique, veille à diffuser largement les informations. « Nous avons recours à une vaste campagne d’affichage et un teaser qui nous donne un avant-goût du spectacle » raconte Christophe Beth. « Nous communiquons ensuite via les médias traditionnels : radio, télévision et presse. Les Grands Jeux Romains ont une telle renommée aujourd’hui que nous avons même les honneurs de la presse internationale. » Évidemment, Culturespaces utilise abondamment les réseaux sociaux. Près de 30 000 personnes se sont abonnées à la page Facebook des Arènes. Les images vibrantes du teaser en en-tête ont déjà charmé les internautes. Ceux-ci ne sont plus qu’à un clic de la billetterie en ligne. Tous les chemins mènent à Rome, même s’ils sont virtuels !

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