Déjà plus de 20 000 enfants éloignés de la culture ont pu s’initier à la beauté inspirée par de grands peintres ou des sites historiques grâce à l’engagement de la Fondation Culturespaces. Avec l’ambition d’aller plus loin en offrant des programmes toujours plus audacieux, Gersende de Pontbriand, Déléguée générale, dresse un premier bilan du chemin parcouru.

Une démarche inclusive

Depuis plus de dix ans, la Fondation Culturespaces met toute son énergie à favoriser l’accès à la culture des enfants fragilisés. « Nous agissons dans la continuité de la volonté de Bruno Monnier et de Culturespaces, explique Gersende de Pontbriand, Déléguée générale de la Fondation qui souligne cependant que celle-ci a l’objectif d’aller plus loin en ciblant un public niche. « La Fondation accompagne uniquement des enfants dont l’éloignement géographique ou social empêche un accès direct à la culture. 75% des bénéficiaires de nos programmes n’ont jamais visité un établissement culturel. » La moyenne d’âge est de 6 à 11 ans avec quelques exceptions : « Cette année nous avons inclus au sein de nos programmes de jeunes autistes âgés d’une quinzaine d’années. Notre mission est de nous adapter aux besoins spécifiques de chacun. » Le cap fixé est clair : démocratiser la culture dès le plus jeune âge par une pédagogie décomplexée et bienveillante. La Fondation a aussi à cœur d’aller à la rencontre des enfants en milieu hospitalier dont la maladie rend le déplacement impossible. « Nous leur proposons des activités à faire en petits groupes ou avec leurs parents. Même s’ils ne peuvent pas se rendre dans un musée, ils sortent de leur quotidien le temps d’une journée. »

 

Avec un réseau d’associations locales, d’écoles mais aussi d’hôpitaux et de centres sociaux, la Fondation renforce son maillage du territoire pour que la culture aille à l’enfant et non l’inverse. En quelques chiffres, la Fondation se félicite d’avoir réalisé plus de 560 ateliers pédagogiques depuis sa création et organisé 970 visites sur site. Plus de 500 structures sociales ont déjà été accompagnées.

Offrir une expérience unique

Parmi les freins récurrents, l’éloignement géographique aux sites culturels est la première barrière à abattre. À cela s’ajoute souvent un environnement social complexe et de nombreux freins psychologiques. « Cette année, nous avons accompagné des enfants des centres sociaux de Nîmes lors d’un projet éducatif aux arènes. Il y a des centres situés à dix minutes à peine du site mais aucun n’y était jamais allé. Nous les aidons à s’approprier leur patrimoine régional ».

 

Musée 21 - Enfants fragilisés et culture - Arène de Nîmes

 

Au-delà de la visite d’un site empreint d’histoire, la Fondation Culturespaces travaille sur un réel programme pédagogique, une expérience globale qui s’adapte à l’enfant pour l’immerger dans l’univers de l’art. Cela se traduit concrètement par un atelier d’initiation à un grand peintre ou au lieu à découvrir avant la visite. Le jour J, les enfants sont ainsi pleinement conscients de ce qu’ils voient : « Pour eux, c’est un moment d’émerveillement, de rencontre avec le Beau », partage Gersende de Pontbriand. Pendant un atelier créatif, ils peuvent ensuite laisser libre cours à leur imagination. « La dernière étape du programme consiste en un mini-vernissage. Les enfants présentent leurs œuvres et partagent ce qu’ils ont appris avec leurs parents. Ils sont souvent très fiers ! C’est un temps essentiel pour eux. »

 

Parmi les programmes qui ont rencontré le plus de succès, Art en immersion lancé en avril 2018 à l’Atelier des Lumières de Paris et aux Carrières de Lumières des Baux-de-Provence, fait l’unanimité. « Nous avons déjà fait découvrir Klimt et Van Gogh à plus de 5 500 enfants ! », s’enthousiasme la Déléguée générale, qui remercie les Fondations ENGIE et SNCF, le Groupe Monnoyeur et la Fondation d’entreprise Société Générale pour la Solidarité, mécènes du projet.

Fédérer un réseau de partenaires

Concrétiser une vision inclusive de la culture nécessite de l’aide. Pour la Fondation Culturespaces, les mécènes jouent un rôle moteur bien au-delà du soutien financier. « Nous sommes parvenus à nous entourer d’une vingtaine d’entreprises et de fondations, toutes déterminées à mener à bien la mission de la Fondation. Et chaque année, de grands noms tels qu’Orano, Obélisque ou la Caisse d’épargne, réitèrent leur engagement, confirme Gersende de Pontbriand. Cette confiance est très précieuse pour continuer d’avancer en nous concentrant plus sur notre action que sur son financement»

 

Plus de dix parcours ont ainsi été développés au sein des sites du groupe Culturespaces. « Nos mécènes connaissent les bénéficiaires, ils viennent le jour de la visite…Nous les tenons informés pas à pas de l’avancée du programme. L’accompagnement n’est pas seulement financier. Souvent, ils nous aident à renforcer notre réseau auprès des associations, des collectivités territoriales ou des hôpitaux. Cela ouvre des portes, et on gagne un temps précieux », partage Gersende de Pontbriand qui souligne la démarche locale de la Fondation. « Nous travaillons actuellement sur l’identification de zones blanches, c’est-à-dire de territoires où l’offre culturelle est quasi inexistante, afin que les jeunes de ces villes puissent aussi bénéficier d’un accès à la culture ».

 

En parallèle, la Fondation a signé une convention avec l’Education nationale visant à mieux connaître les écoles en zones prioritaires et à assurer la prise en charge du transport : « Nous venons de signer notre première convention avec l’Académie d’Aix-Marseille. Plus de 2 000 enfants vont pouvoir bénéficier des programmes pédagogiques à l’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence ou aux Carrières de Lumières aux Les Baux-de-Provence », se réjouit Gersende de Pontbriand.

Et pour les dix prochaines années ?

La qualité de l’expérience est au cœur des préoccupations. La Fondation a récemment commandé une évaluation pour identifier les points d’amélioration possibles sur son offre de programmes pédagogiques. Pour le reste, le développement va se faire naturellement : « Nous sommes heureux d’avoir doublé le nombre d’enfants bénéficiaires de nos programmes en 2018 mais notre ambition n’est pas uniquement quantitative. Nous souhaitons surtout toucher les jeunes les plus éloignés de la culture. » La Fondation va poursuivre son action locale en capitalisant sur de nouveaux partenaires académiques et peut être aller plus loin : « Nous espérons ouvrir notre réseau de partenaires hors des sites Culturespaces, et pourquoi pas à l’international. » À court terme, l’ouverture très attendue des Bassins de Lumières en 2020, à Bordeaux, permettra déjà d’accompagner de nombreux enfants du Sud-Ouest.

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