C’est pour « ne pas laisser sur le bord du chemin des catégories d’enfants exclus de la culture : hospitalisés en longue maladie, autistes, handicapés ou issus des quartiers difficiles » que Bruno Monnier dote Culturespaces d’une Fondation d’intérêt général. Son but ? « Aller vers des publics que le système culturel n’accueille pas » résume le Président de Culturespaces. En 2015, plus de 1 000 enfants et accompagnants ont participé aux visites spéciales organisées par la Fondation Cuturespaces à Paris, Nîmes, Aix-en-Provence, Orange et Mulhouse.

« Le développement de la Fondation va de pair avec le développement de nos sites »

La synergie entre la société Culturespaces et la Fondation Culturespaces était évidente. « Culturespaces a la maîtrise des lieux où se font les visites. Nous n’avons pas besoin de négocier avec un établissement pour organiser la sortie » indique Bruno Monnier. La Fondation Culturespaces forme également les accompagnateurs des enfants, qui ont souvent besoin d’une attention particulière.

« Culturespaces gère treize lieux représentatifs de l’art et du patrimoine français, qui sont une bonne introduction à la culture. J’ai eu envie d’en faire profiter des enfants exclus du système » raconte Bruno Monnier. « J’ai réuni un Conseil d’Administration et nommé une Responsable de la Fondation, Gersende de Pontbriand, qui est partie voir des donateurs et des partenaires. » Avec un budget annuel d’environ 500 000 euros, dont les deux tiers sont assumés par Culturespaces, la Fondation finance chaque année une petite dizaine de projets.

« Le développement de la Fondation va de pair avec le développement de nos sites » reprend Bruno Monnier. « Après l’ouverture de notre nouveau centre d’art de Caumont en Mai, nous avons étendu nos actions dans la région d’Aix-en-Provence. » Avec les nouveaux projets de Culturespaces à Paris prévus pour 2016, les enfants d’Île-de-France ne seront pas en reste.

Des partenaires locaux et nationaux

Depuis six ans, la Fondation Culturespaces collabore avec des hôpitaux, des institutions médicales et des associations. « Nous travaillons avec des partenaires locaux dans les villes où nous sommes implantés » explique Bruno Monnier. Et de citer les Apprentis d’Auteuil, la Fondation Orange pour les autistes ou l’Hôpital Necker à Paris. « Ensemble, nous effectuons un travail de fond vers ces publics. L’aspect pratique joue beaucoup : nous avons besoin de véhicules adaptés pour faire venir les enfants sur les sites, d’un personnel d’encadrement formé, etc. »

Les visites se font par petits groupes d’une dizaine d’enfants. Avec des moments mémorables. « Je me souviens de la surprise des enfants que l’on a plongés dans la reconstitution de la bataille de Waterloo. Ils se sont retrouvés au milieu de centaines de soldats napoléoniens, de canons, de chevaux… Ils se demandaient s’ils n’avaient pas changé d’époque. » A la Cité de l’Automobile à Mulhouse, la Fondation Culturespaces a utilisé des iPads adaptés à la visite d’enfants autistes. « Nous nous sommes rendus compte trop tard qu’énormément d’enfants s’étaient inscrits à la visite. Cela a été un grand regret de ne pas pouvoir tous les accueillir. »

« Apprendre l’essentiel de la vie en s’amusant »

Pour Bruno Monnier, la culture fait partie intégrante de l’éducation – et c’est à ce titre qu’aucun enfant ne doit en être exclu. Il voit d’un très bon œil les initiatives de pays étrangers qui développent des musées conçus spécialement pour les enfants, comme The Children Museum d’Indianapolis (près d’un millions d’enfants par an). « C’est un lieu où les enfants apprennent l’essentiel de la vie en s’amusant : la citoyenneté, l’écologie, les bases de la physique… » En France, il cite La Cité des Sciences à la Villette et Le Vaisseau, à Strasbourg. « Mais nous n’avons pas encore de vraie structure pour les enfants comme ce que font les Américains ou les Flamands avec Technopolis à Malines. »

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