C’est officiel : la fondation Pinault installera une partie de ses œuvres à la Bourse de Commerce de Paris. Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture et conseiller culturel auprès de François Pinault, expose son plan pour faire de la Bourse de Commerce un haut lieu de l’art contemporain.

Pourquoi avoir choisi la Bourse de Paris pour exposer les œuvres de Monsieur Pinault ?

La Chambre de commerce et d’industrie de Paris ayant souhaité, dans le cadre de sa politique de rationalisation immobilière, céder le bâtiment de la Bourse de Commerce à la Ville de Paris, celui-ci devenait disponible pour un projet de grande envergure. C’était le souhait  de la Maire de Paris, très attachée à la revitalisation du centre de la capitale. C’est dans ces conditions qu’Anne Hidalgo a proposé à François Pinault d’envisager l’installation d’activités de sa collection dans ce bâtiment exceptionnel, central s’il en est, d’une qualité architecturale remarquable, témoin des utopies architecturales du XVIIIe siècle et des innovations techniques du début du XIXe siècle en matière de construction métallique.  François Pinault a accepté cette proposition  et a ainsi reçu la concession de la Bourse de Commerce pour une durée de cinquante ans. Il a aussitôt demandé à Tadao Ando, grand architecte japonais, de concevoir l’aménagement des lieux en liaison avec deux jeunes architectes parisiens, Lucie Niney et Thibault Marca et un architecte en chef des monuments historiques, Pierre-Antoine Gatier.

Pourquoi Paris est-elle si importante à vos yeux ?

Paris est l’une des capitales culturelles du monde contemporain. Son offre culturelle est déjà très forte, mais l’enrichir c’est soutenir encore plus l’attractivité de cette ville. En installant sa collection, en 2005 à Venise, François Pinault faisait le choix de la ville qui abrite la plus grande manifestation du monde consacrée à l’art contemporain, la Biennale de Venise. En s’engageant dans un projet parisien, il rend hommage à Paris, ville qui est la sienne et dont il souhaite voir le rayonnement s’affirmer. Il s’est engagé dans ce projet, impressionné par l’enthousiasme des élus parisiens ainsi que par celui des élus de l’arrondissement. Dans une période qui a parfois été difficile pour Paris, une initiative comme celle-là apparait comme un véritable signe d’ouverture et d’espoir.

 Quel est l’avenir de la Fondation Pinault ?

La collection Pinault fonctionnera, de façon permanente, à compter de 2018, sur quatre sites, 3 sites à Venise  – Palazzo Grassi, Punta della Dogana et Teatrino-  ainsi qu’à Paris, la Bourse de Commerce. Chaque site cultivera naturellement sa personnalité propre, en fonction de sa configuration et de son environnement.  Cette mise en réseau européenne est à vrai dire innovante et originale. Je suis sûr que ce sont des initiatives de ce type qui seront les plus propices à faire comprendre aux Européens l’unité culturelle de leur continent. Par ailleurs, la Collection continuera sa politique d’expositions « hors les murs ». Au mois d’octobre prochain, c’est le grand musée allemand Folkwang Museum à Essen qui l’accueillera.

Que retrouvera-t-on à la Bourse de Paris ?

Tout d’abord un bâtiment puissamment repensé par Tadao Ando, dans le respect naturellement de son identité historique, avec une circulation très scénographiée qui constituera pour le visiteur un moment d’émerveillement grâce à des services accueillants et surtout, des expositions mettant en valeur tous les aspects d’une collection que les spécialistes considèrent comme l’une des plus importantes du monde de l’art contemporain. Accrochages de la collection et expositions temporaires, débats, conférences, performances et interventions d’artistes, tout devra concourir à l’excitation permanente du regard et de l’intelligence. Entre le Louvre et le Centre Pompidou, la Bourse de Commerce fera le pari de l’ouverture, de l’innovation, de l’expérimentation, de la découverte.

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