Des combats de gladiateurs, comme si vous y étiez ? La réalité augmentée débarque dans les Arènes de Nîmes. Explications de son Directeur, Michael Couzigou.

Une nouvelle façon de visiter

« Nous voulions donner aux Arènes une nouvelle vision de ce qu’elles étaient à l’Antiquité et au Moyen-Age » commence Michael Couzigou. En partenariat avec la société AGP (Art Graphique et Patrimoine), les Arènes ont lancé une nouvelle application de type « réalité augmentée » sur tablette. Une application « visioguide » d’un nouveau genre combine désormais visite audioguidée en 13 langues, photos et vidéos. Au total, 18 points d’intérêts sont proposés au visiteur, avec à chaque point des diaporamas, des commentaires audio et des vidéos. Elément phare de la visite « augmentée », une reconstitution 3D dévoile au visiteur les Arènes telles qu’elles étaient aux 2ème et au 17ème siècles. « La reconstitution 3D vous permet d’avoir une vue des Arènes d’autrefois, et de les parcourir du regard en déplaçant simplement votre tablette ». Comme on peut le voir sur cette vidéo, des maisons, des voûtes et autres gradins naissent en effet sur l’écran, que l’on peut déplacer à sa guise, comme une loupe d’enquêteur qui révélerait des secrets bien cachés. Pour l’instant uniquement installée sur les tablettes distribuées à l’entrée du site, l’application pourrait bientôt être téléchargeable sur sa propre tablette, et une version smartphone grand public est à l’étude.

Un concept qui plaît d’abord aux enfants

« A ce jour, le nombre d’utilisateurs de l’application n’est pas significatif », précise Michael Couzigou. Ainsi, seuls 4 à 5% des visiteurs l’utiliseraient. « Le grand public n’est pas encore suffisamment technophile ». Mais les enfants, eux, en redemandent, et sont de plus en plus prescripteurs pour leurs parents.  « Nous n’en sommes certes qu’à nos débuts, mais les premiers retours sont très positifs ». Afin d’enrichir l’offre actuelle, d’autres points de vue avec des reconstitutions en 3D sont prévus par les Arènes, dans la Maison Carrée ou aux Jardins de la Fontaine, par exemple.

De multiples champs d’application

« Les dispositifs de réalité augmentée ont de nombreux champs d’application dans les musées » continue le directeur. Il cite notamment l’amélioration de la visite pour les personnes malentendantes. « Nous prévoyons d’enrichir d’ici quelques semaines notre application d’un module de langage des signes en capsules vidéo, qui accompagneront le visiteur tout au long de sa visite ». Michael Couzigou a aussi dans son viseur les lunettes connectées type Oculus Rift, qui permettraient de « s’immerger complètement dans l’ambiance d’une villa, d’un temple, ou d’un combat de gladiateur ». En plus de rendre la visite plus immersive et spectaculaire, elles dévoilent des détails qui échappent à l’œil nu, sur des fresques par exemples, ou dans des endroits difficiles d’accès, comme les fameuses grottes Cosquer, situées non loin de là, dans les environs de Marseille. Michael Couzigou travaille enfin avec la French Tech Culture, basée à Avignon, afin de mettre en place un label national qui attesterait de la pertinence des outils multimédia de type « réalité augmentée » adaptés à la culture. « A terme, ces outils permettront de ne quasiment plus avoir de barrière entre le visiteur et l’objet exposé. Pour les musées, c’est une formidable opportunité de se réinventer ».

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