Premier musée au monde dédié à l’Art de l’entertainment, le Musée Art Ludique a accueilli plus de 800 000 visiteurs depuis sa création en 2013. Il présente actuellement une exposition inédite, l’Art dans le Jeu Vidéo. Son fondateur, Jean-Jacques Launier, nous explique pourquoi « tout se joue » au musée.

La « french touch » à l’honneur

3ème pays au monde derrière les Etats-Unis et le Japon, la France n’a pas à rougir sur le marché de l’animation. « Nous avons un style et une culture artistique unique. » Pour le montrer au public, le Musée Art Ludique est dont allé frapper à la porte de 12 studios français qui sont venus présenter plus de 60 000 œuvres. De Rayman à Assassin Creeds, des Lapins Crétins à Far  Cry, on découvre toute la richesse de l’offre française de l’entertainment, d’où le slogan de l’exposition : « l’inspiration française ».

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 Le jeu video, un art « total »

« Le jeu vidéo est un art total » affirme Jean-Jacques. Pourquoi ? « C’est l’art qui réunit les plus grands artistes de notre temps : sculpteurs, designers, maquettistes, dessinateurs etc. » A l’instar des grands rassemblements artistiques de la Renaissance, il fait travailler ensemble toutes sortes de talents. « Si Leonard de Vinci était encore vivant, il travaillerait dans l’univers du jeu vidéo » assure-t-il. Un art hétéroclite dans les talents qu’il réunit, mais aussi dans les publics qu’il mobilise : 75% des français jouent aux jeux vidéo, avec une moyenne d’âge de 36 ans, et une répartition homme/femme quasiment à 50/50.

« Le figuratif est de l’art, et il a toute sa place au musée. »

« Adolescent, j’étais déjà fan de Marvel. A l’époque, on me disait « ne lis pas cela, ce n’est pas de la culture ». C’est pourtant Marvel qui a inspiré tout le popart, d’Andy Warhol à Jeff Koons. » Face à une vision dépassée de la culture, l’ambition de Jean-Jacques est d’utiliser le jeu vidéo pour reconnecter le public, en particulier les jeunes, à l’art. Depuis les premières gravures de Gustave Doré jusqu’à l’univers post-apocalyptique d’Enki Bilal, il n’y a que les outils qui évoluent. Le travail, lui, reste le même. « Il ne s’agit pas d’une culture geek en marge, mais bien d’une continuité dans l’histoire de l’art. » Mais pour Jean-Jacques, notre vision de l’entertainement et du jeu vidéo est en train de changer. « Il y a quelques années, aucun magazine d’art ne s’intéressait à nos expositions sur Miyazaki ou Moebius. Aujourd’hui, nos expositions sont sur le devant de la scène médiatique. Le figuratif est de l’art, et il a toute sa place au musée. »

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Un voyage au cœur de votre console

Alors, comment expose-t-on cette nouvelle forme d’art ? L’exposition va dans le sens de la dimension à la fois figurative et narrative du jeu vidéo, et s’attache à mettre en valeur la réalisation, plutôt que le produit fini. Une première salle tient lieu d’« atelier d’artistes » : croquis au feutre noir, sculptures en argile et dessins sur tablette illustrent la genèse d’un jeu vidéo. « Dans l’entertainement, tout commence souvent par un coup de crayon », rappelle Jean-Jacques. Puis nous découvrons l’élaboration des plans des décors, de la cité médiévale à la ville futuriste, dans une pièce d’un esthétisme à couper le souffle. La visite se poursuit sur l’écriture des scénarios et le soin attaché à leur crédibilité historique, géographique et sociale. « Avant, on élaborait une histoire, puis on façonnait un univers qui lui était associé. Maintenant, on crée un monde dans lequel se déroulent mille aventures, et chacune d’elle doit être crédible » raconte un interviewé.

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« Montrer les milles facettes artistiques de la conception d’un jeu vidéo »

Hommage au septième art ensuite, et les ponts qu’il développe avec le jeu vidéo, tant sur le plan technique que scénographique, avec notamment le recours aux artworks. Le périple se termine dans la salle « magie et féerie » pour un voyage poétique dans le royaume de l’imaginaire et un aperçu du futur du jeu vidéo : écrans en toile, lunettes connectées etc. Le musée fait également la part belle à l’immersif, avec un audioguide qui accompagne le visiteur, des extraits de jeux, des interviews etc. Elément phare de la visite, une installation de plus de six mètres de large nous plonge dans le Paris de la Révolution, de l’Ile Saint Louis jusqu’à Notre Dame.  « Du début à la fin, nous avons voulu faire plonger le visiteur dans l’envers du décors, et lui montrer les mille facettes artistiques de la conception d’un jeu vidéo. » Un pari réussi.

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