Les héros de Game of Thrones, Harry Potter et Star Wars marchent désormais sur les platebandes de Monet, Canaletto ou Velázquez. Le Président de Culturespaces, Bruno Monnier, analyse les nouveaux acteurs qui investissent les expositions.

Les nouveaux entrants

A la tête du premier opérateur culturel français privé, Bruno Monnier a observé les records d’audience enregistrés par un nouveau genre d’expositions. Harry Potter, Game of Thrones et autres épopées rendues populaires par le petit et le grand écran s’invitent désormais dans les centres culturels. « Le monde des expositions est bousculé par des acteurs qui viennent du cinéma et de la télévision ». Derrière ces « cinexpos », de nouveaux producteurs – souvent des poids lourds de l’audiovisuel. C’est ainsi TF1 Entreprises, une filiale « diversification » du Groupe TF1, qui a coproduit l’exposition dédiée à Harry Potter. Avec 500 000 visiteurs, l’exposition a mis le sorcier britannique sur le devant de la scène médiatique pendant que TF1 le portait à l’antenne.

A côté de ces producteurs, des lieux culturels d’un nouveau genre font leur apparition. Bruno Monnier cite Art Ludique – Le Musée, qui expose des œuvres liées « à la bande dessinée, au manga, aux jeux vidéo, au cinéma et aux films d’animation ». Autre espace récent dédié à ces thèmes d’exposition : la Cité du Cinéma rêvée par Luc Besson, qui a notamment accueilli Harry Potter.

Revisiter l’histoire de l’art, le parti-pris de Culturespaces

Parallèlement au succès de ces « cinexpos », Bruno Monnier constate partout en Europe « une désaffection pour les thématiques d’art ancien ». « Il va falloir rivaliser d’imagination. Les responsables d’établissement cherchent de nouveaux angles d’attaque pour présenter leurs artistes. »

Pour Culturespaces, le parti-pris de Bruno Monnier est clair : « Nous sommes positionnés sur l’histoire de l’art. » Une histoire de l’art replacée dans un environnement contemporain, largement digital. Si l’univers de Culturespaces n’est pas celui des séries télévisées mais des grands peintres, les monuments gérés par la société de Bruno Monnier utilisent des effets technologiques que ne renierait pas Luc Besson. « Avec nos expositions multimédia des Carrières de Lumières, nous avons commencé à intégrer les nouveaux médias et le numérique dans la présentation des œuvres ». Les 500 000 visiteurs par an des Carrières de Lumières rivalisent  avec les expositions Star Wars Identities, Titanic ou Harry Potter « sur des thématiques purement artistiques, comme Klimt, Gauguin et bientôt Chagall ».

Culturespaces ne s’interdit toutefois pas des incursions dans des thématiques proches du cinéma. Marylin Monroe sera ainsi à l’affiche de la prochaine exposition du Centre d’Art de Caumont… mais le prisme sera artistique. « Nous approchons la figure de Marylin à travers les portraits qu’elle a inspirés aux plus grands photographes ». Pour Bruno Monnier, cette démarche curatoriale « montre l’ouverture vers un public qui n’est plus tout à fait le même que celui qui allait voir Fragonard ».

Face à ces transformations, les grands musées ne restent pas non plus les bras croisés. « Des références comme le musée d’Orsay ont déjà pris le virage d’une nouvelle modernité, en proposant des thématiques originales et parfois transgressives ». En témoigne Splendeur et misère de la prostitution exposée par le musée d’Orsay jusqu’en Janvier 2016, avec des espaces interdits aux mineurs. « A travers l’art, cette exposition aborde une question historique toujours pertinente dans le monde contemporain. » La recette des expositions du futur ?

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