Quel est l’impact des attentats du 13 novembre dernier sur la fréquentation des musées, et comment garantir la sécurité dans les lieux culturels ? La politique sécuritaire de Culturespaces expliquée par son Président, Bruno Monnier.

35% de baisse de fréquentation

Si les lieux de spectacles ont subi de plein fouet les attentats du 13 novembre, avec une baisse de fréquentation de 45% durant les mois qui ont suivi les attaques, les musées n’ont pas été épargnés.   « Nos sites ont subi une baisse de fréquentation globale de l’ordre de 35% » explique Bruno Monnier. Ce chiffre se situe dans la moyenne nationale des musées, à Paris, comme en province. Alors que les choses reviennent progressivement à la normale pour Culturespaces en ce début d’année 2016, d’autres musées continuent à souffrir d’une désertion du public. Pour Bruno Monnier, cela est d’abord dû à la typologie des visiteurs. « L’hiver, nos musées accueillent principalement des visiteurs locaux, qui ont peu à peu repris leurs habitudes et leurs modes de vie. Par contre, les musées qui accueillent des flux touristiques internationaux, comme le musée du Louvre ou le musée d’Orsay, souffrent toujours de l’impact des attentats sur le tourisme en France ».

Prévention, alerte et réaction : les priorités de Culturespaces

Bombes humaines, attaques commando et prises d’otage sont les principales menaces que redoutent les autorités. Face à ces risques majeurs, les sites de Culturespaces ont mis en place trois séries de mesures : prévention, alerte et réaction.

La priorité numéro 1 de Culturespaces est en effet de prévenir d’éventuelles attaques, et cela passe d’abord par la dissuasion. Des agents de sécurités sont postés devant les musées et fouillent les visiteurs, équipés de raquettes de détection de métal. Afin de canaliser les entrées, des barrières ont été érigées en attendant la pose éventuelle de portiques de sécurité. « La question de la protection des files d’attentes est cruciale, surtout quand celles-ci se trouvent à l’extérieur, le plus souvent dans la rue ». Des contrôles d’accès ont également été systématisés pour les prestataires de services, comme les livreurs ou les ouvriers.

Afin d’être le plus réactif possible en cas d’attaque, Culturespaces a renforcé son système d’alerte, en s’équipant de la toute nouvelle technologie RAMSES-NG. Comme dans les banques, deux boutons d’urgence sont désormais mis à la disposition du personnel : le premier dans la poche ou sur les talkies walkies des agents de sécurité, le second au comptoir d’accueil. « Une simple pression sur le bouton permet d’avertir le commissariat le plus proche ».

Concernant le volet réaction, Bruno Monnier affirme avoir travaillé sur la protection, le confinement et l’évacuation des publics. « Dans chaque site, nous identifions des lieux protégés et formons notre personnel à la gestion de situations de crise ». Culturespaces réfléchi également au sujet délicat de la neutralisation des agresseurs. « Dans certains pays, les agents de sécurité sont armés. Quand on voit qu’au Bataclan, la tuerie a duré 1h30, on peut s’interroger sur le port d’armes non létales par des professionnels de la sécurité au sein des établissements ». Enfin, Bruno Monnier souligne l’importance de faciliter l’intervention des forces de police en organisant des visites préventives pour repérer les lieux.

1 euro de plus pour financer les mesures de sécurité

« En ces temps difficiles, il est de notre devoir d’assurer au mieux la protection des visiteurs. Mais cela a malheureusement un coût, que nous devons entièrement prendre à notre charge. Comme l’ont déjà fait les aéroports, nous réfléchissons à augmenter d’un euro le montant du prix d’entrée de l’ensemble de nos sites, afin de financer ces nouveaux dispositifs de sécurité ».

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